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Un avant-goût de notre rentrée littéraire

Tea Time à New Delhi – Jean-Pol Hecq

New Delhi, juillet 1959. Che Guevara, le célèbre révolutionnaire, est en visite officielle en Inde. Indira Gandhi, la fille du premier ministre Nehru, l’invite à prendre le thé. Ils professent les mêmes opinions politiques, lisent les mêmes auteurs et vibrent pour les mêmes causes. À ce moment précis, ils ont tous deux du vague à l’âme : lui se languit de sa jeune épouse restée à La Havane, elle est délaissée par son mari qui la trompe ouvertement. Que s’est-il passé entre ces deux-là ? Que se sont-ils raconté ?
À la fois fresque historique, politique et romanesque, Tea Time à New Delhi plonge le lecteur dans l’Inde de la fin des années 1950, un moment crucial où ce tout jeune pays tente de construire son avenir dans le contexte très incertain de la Guerre froide. Che Guevara et Indira Gandhi y apparaissent dans toute leur épaisseur humaine, avec l’ambiguïté de leurs sentiments, leurs contradictions, leurs espoirs, leurs limites et leurs rêves…

Journaliste depuis plus de trente ans, essentiellement à la RTBF, Jean-Pol Hecq a repris récemment la responsabilité de la communication du Centre d’Action Laïque, à Bruxelles. Passionné d’histoire, de politique et de littérature, curieux de toutes les cultures du monde, il connaît bien l’Inde pour y avoir voyagé à de nombreuses reprises. Tea Time à New Delhi est son second roman après Georges et les dragons (Luce Wilquin, 2015, Prix Mon’s livre 2016).
En librairie le 19 mai 2017

Les premières lignes
Le Caire s’estompe dans un halo grisâtre. Le Nil n’est déjà plus qu’un mince ruban vert égaré dans un océan ocre, tandis qu’au loin, vers le nord, se devinent les bras écartés du delta.
Ernesto s’est assoupi.
Sa jambe droite encombre l’allée centrale, obligeant les hôtesses à des contorsions que l’étroitesse de leur jupe rend périlleuses. Son béret a glissé au sol. De peur que quelqu’un le piétine, José le ramasse et le lui glisse sur le ventre en veillant à ne pas le réveiller. Il observe un moment sa respiration. Elle est régulière et inaudible, il en est rassuré. Il se demande à quoi rêve donc Ernesto à l’instant même. Aux secrets de cette Égypte mythique qu’il n’a pourtant qu’entrevue ? À son escapade clandestine dans les rues du Caire, au nez et à la barbe des barbouzes de la sécurité ? À ses interminables conciliabules avec le président Nasser ? Ou alors, plus sûrement, à Aleida.
Le Super Constellation d’Air India à destination de Bombay a atteint son altitude de croisière et ses moteurs bourdonnent maintenant avec régularité. Recrus de fatigue, les Cubains ont sombré dans l’heureuse hébétude d’un demi-sommeil. Omar est aux côtés d’Ernesto. Julio et Salvador se trouvent juste derrière, presque affalés l’un sur l’autre. Pancho, quelque part devant. Quant à José, il a pris place sur la rangée opposée, côté couloir, et, en permanence, couve son chef du regard.
Quelques heures plus tard, Ernesto ouvre un œil. Au sol, se distinguent de loin en loin les flammes vacillantes des torchères des puits de pétrole. « Sans doute l’Irak ou alors déjà l’Iran », estime-t-il. Il a reposé son béret en équilibre instable sur sa tignasse noire de jais et trifouille dans une de ses poches. D’un étui à cigares en cuir racorni, il extirpe avec précaution un Montecristo n° 2 et en sectionne la cape d’un coup de dent précis. Avec son vieux briquet, il entreprend de chauffer le pied du havane dans les règles de l’art. Un steward fait aussitôt irruption : « Pas de cigare, Monsieur, s’il vous plaît. Seule la cigarette est autorisée en vol. » Ernesto dévisage le jeune homme. « Il me m’a pas reconnu, pense-t-il. Pour qui me prend-il ? Je dois lui sembler bien étrange avec mon treillis et mes bottes de combat. » Il pousse un soupir et fourre le cigare dans une poche de poitrine. Il le fumerait à Delhi, voilà tout. « Merci, Monsieur », glisse le steward avec un sourire un peu forcé.

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Jardin d’été – Abigail Seran

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Élé et Charles, couple de jeunes retraités, accueillent leurs petits-enfants pour un mois de vacances. Pour la première fois, ils sont tous là, les jumeaux londoniens John et June et Iris, la fille d’Agathe, mère angoissée à l’idée de laisser son enfant chez ses parents.
Une famille, comme un mobile, maintenue en harmonie grâce au rôle et à la position de chacun. Alors, quand au cœur de cet été bourguignon le passé refait surface, le fragile équilibre est mis à mal.
Ce roman polyphonique suit cette tribu un mois de juillet pas comme les autres. Celui où les non-dits se lèvent et où l’histoire personnelle de chacun se révèle, se transforme à la lumière d’une donnée trop longtemps escamotée.

Après plus de vingt ans passés à vadrouiller en Suisse Romande et à l’étranger, Abigail Seran, aussi juriste et enseignante, a posé ses valises avec mari et enfant dans son Valais natal. Jardin d’été est son troisième roman après Marine et Lila (2013) et Une maison jaune (2015). Elle est également l’auteur d’un livre de chroniques illustrées (2015) et de textes publiés dans différentes revues.
En librairie le 21 avril 2017

Les premières lignes
« Je te rappelle qu’on ne pouvait pas faire autrement. »
Le gravier crissait sous les pneus. Cette allée était toujours sans fin. Le temps de se dire les dernières phrases avant le sourire de circonstance.
« Je me demande de quelle couleur sont ses cheveux cette année ? »
Cela eut pour effet de dérider un peu Agathe. Les cheveux de sa mère, une plaisanterie familiale, une manière pour son mari d’enterrer la hache de guerre.
« Allez ! Je parie pour le turquoise. »
Du coin de l’œil, Florent vit qu’il avait fait mouche. Elle avait souri.
« Moi, je dis vert, on n’a pas encore eu, vert.
– Tu es réveillée, toi ? »
Agathe se tourna vers sa fille. Iris se réveillait toujours au moment où les petits cailloux du chemin chaotique venaient frapper la carrosserie. Elle adorait l’endroit autant que sa mère le redoutait.
« Tu crois que les J sont déjà là ? »
June et John, Agathe les avait presque oubliés dans la précipitation à trouver en urgence une solution de garde pour Iris en ce mois de juillet.
« Je ne sais plus si Élé m’a dit qu’ils arrivaient un jour avant ou un jour après toi.
– Je me réjouis, je me réjouis, mais je me réjouis tellement ! »
Iris, malgré ses yeux embrumés de sommeil, avait sur le visage la joie d’un enfant qui découvre les cadeaux de Noël sous le sapin. Agathe en eut le cœur serré.

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Un endroit d’où partir | 3. Une lettre et un cheval

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Juan quittera-t-il un jour la route ? Finira-t-il par trouver l’apaisement ? Y a-t-il une femme, une seule, qu’il n’abandonnera pas pour de nouveaux horizons ? Parviendra-t-il, l’âge venant, à s’aimer suffisamment pour se pardonner l’impétuosité et les errances de sa jeunesse ?
Une lettre et un cheval retrace la dernière partie de la vie tumultueuse de Juan Esperanza Mercedes de Santa María de los Siete Dolores. Sorte de pèlerinage sur les lieux du passé, précédée d’une longue retraite qui ne l’assagira que partiellement, c’est la période de la maturité qui commence pour Juan, avec la découverte de sa paternité, d’inattendues retrouvailles amoureuses et de nombreux deuils à traverser.

Aurelia Jane Lee (1984) possède un master en communi­cation et a également étudié la philosophie. Elle vit et travaille à Bruxelles. Elle s’est fait connaître en 2006 avec un premier roman intitulé Dans ses petits papiers, salué par la critique.
Un endroit d’où partir, sa saga en trois volumes, dévoile une nouvelle facette de son imagination et entraîne le lecteur au cœur d’une Amérique latine fantasmée.
En librairie le 24 mars 2017

Les premières lignes
De Juan, Mercedes avait conservé précieusement quelques dents de lait ; Clara Luz Alvarez García possédait une mèche de cheveux – d’un brun si sombre qu’il paraissait noir – ; Remedios avait gardé un poil pubien, épais et bouclé, et Tránsito, une cuillère en bois dont elle seule connaissait la valeur symbolique. Mais Isabel Torres de Diaz, elle, serait la mère de son enfant. Clara Luz aussi, certes, avait porté le fruit de leurs étreintes, mais il n’en restait qu’une petite tombe inconnue de tous : l’enfant était mort avant de naître, il ne portait même pas de nom – Clara Luz lui en avait donné mille, plus doux les uns que les autres, mais aucun ne l’avait fait revenir ; il n’avait pas non plus de visage. Cela avait juste été un désir, puis un regret.
Pour Isabel, c’était différent, car l’enfant avait vu le jour, et il l’avait immédiatement accaparée : elle n’avait jamais pu oublier qu’il était là, bien vivant : Estebán manifestait sa présence à tout instant, réclamant l’attention de sa mère, suspendu à son sein, criant dès qu’il le lâchait. Les seuls moments de répit, pour Isabel, étaient ceux pendant lesquels Estebán dormait. Mais c’était elle-même alors qui était captivée par ce petit corps, soudain paisible et presque silencieux, dont la perfection en miniature l’émerveillait. Elle pouvait rester penchée sur lui pendant des heures, à examiner ses traits, son petit nez épaté, sa bouche en bouton de rose, ses minuscules doigts, ses sourcils tout fins qu’il fronçait déjà, son souffle lent et calme, le duvet foncé qui lui couvrait le crâne, ses oreilles aux mille circonvolutions, le brun satiné de sa peau.
Elle avait longtemps cherché comment nommer cet enfant si c’était un garçon : Juan était hors de question, pour de nombreuses et très bonnes raisons. Elle ne voulait pas non plus qu’il portât le prénom d’un de ses frères, ce qui en éliminait beaucoup – Pilar avait alors déjà décrété que si son dixième enfant était encore un garçon, elle le baptiserait Diego. Certes, il restait tout de même du choix. En fait, c’était peut-être même l’embarras du choix qui avait empêché Isabel de se décider. Il s’agissait de l’enfant de Juan, et dans sa tête, il s’appellerait toujours el hijo de Juan. Peu importait finalement le prénom qu’on lui donnerait, il n’y en avait pas un qui eût mieux convenu qu’un autre. Comme elle ne s’était toujours pas décidée au moment de sa naissance, Hernando avait suggéré qu’on reprît le nom de son père, Estebán. Isabel n’avait rien eu contre, songeant que cela affilierait davantage l’enfant à la famille qui avait accepté de le recueillir.
Ainsi donc était né Estebán Diaz Torres, le fils de Juan : il ne portait pas le nom de son père, lequel ignorait son existence et vivait loin de là, avec une autre femme.

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30 ans déjà !

533blogEn mars 2017, les Éditions Luce Wilquin ont 30 ans (5 ans en Suisse, à Lausanne, suivis de 25 ans en Belgique).
Quoi de mieux pour fêter cela que d’offrir un cadeau à nos lecteurs fidèles ? Et cela, par l’entremise des libraires qui nous défendent ?
Un recueil hors commerce, La cerise sur les mots, sera donc remis de notre part à tout acheteur de deux ouvrages des Éditions Luce Wilquin: 14 nouvelles inédites… et les recettes des plats dont elles parlent. De quoi saliver au propre comme au figuré ! Mais aussi découvrir la personnalité et le style de 14 auteurs «maison»…

Rendez-vous à la Foire du Livre de Bruxelles

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Outre-Mère – Dominique Costermans

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Outre-Mère est moins le récit de la véritable histoire de Charles Morgenstern, juif, bruxellois, enrôlé dans l’armée allemande puis indicateur au service de la Gestapo, que celui de son dévoilement, malgré le silence imposé qui règne encore dans sa famille deux générations plus tard. Que faire des secrets ? De la famille, de la guerre et de ses monstres ? Du silence de la mère ?
Ces questions provoquent tout autant l’enquête de Lucie que l’écriture envoûtante de ce texte.
Le paradoxe de ce roman, son paradoxe passionnant, c’est que le secret le plus crucial apparaît moins dans une révé­lation – vite livrée au lecteur – que dans les moments anxieux, obstinés et rebondissants de son dévoilement tentaculaire.
Il en résulte un étrange passage de la souffrance et du silence à la délivrance de la mère comme de la narratrice – et du lecteur.

Dominique Costermans est l’auteur d’une demi-douzaine de recueils de nouvelles. Elle signe ici un premier roman au style clair et à l’architecture subtile.
En librairie le 10 février 2017

Les premières lignes
« Lucie, tu veux bien monter dans le bureau de Papa ? Il a quelque chose à te montrer. »
Le bureau de Papa, c’est un endroit un peu solennel. On ne s’y rend que sur invitation. Le dimanche, Papa sort son porte-monnaie de sa poche et tend une pièce à sa fille aînée, pour sa tirelire. Parfois il est question d’une récompense après un beau bulletin. Plus souvent d’une punition, pour une mauvaise note en conduite par exemple. C’est alors un sale quart d’heure à passer, comme la fois où il lui a demandé de choisir entre la fessée et la punition. Lucie a choisi la punition. Avec pour effet qu’elle a été consignée dans sa chambre tout l’après-midi au lieu d’accompagner Maman qui était invitée à aller prendre le thé chez une voisine. Deux heures passées à se morfondre dans sa chambre aux tentures closes, à se demander si elle n’aurait pas mieux fait de choisir la fessée. À froid, Papa n’aurait sûrement pas frappé très fort. Dans le pire des cas, ça n’aurait duré que quelques secondes. Tandis que là, la torture fut longue et cruelle. Allongée sur son lit avec interdiction de lire, Lucie avait eu le temps d’imaginer en détail la compagnie affable de la voisine, la délicate porcelaine dans laquelle elle servait le thé et le cake, ses compliments sur la jolie robe que Maman venait de lui acheter, ou sur ses bonnes manières. Car malgré ses incartades scolaires, Lucie savait se tenir en société.
Mais aujourd’hui, en grimpant la première volée d’escalier, elle est confiante. Le ton de Maman, sérieux mais calme, laisse entendre qu’il ne s’agit pas d’une punition (d’ailleurs, Lucie ne se souvient d’aucune bêtise récente, mais ça, tout bien pensé, ce n’est pas vraiment un critère). La porte du bureau de Papa est entrouverte ; elle entre sur les pas de sa mère.
Papa est debout près de son bureau sur lequel il a disposé une douzaine d’images pieuses en éventail. « Nous venons de chez l’imprimeur, dit-il. Voici quelques souvenirs de communion. Dis-nous lesquels te plaisent. »

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Le silence de Belle-Île – Laurence Bertels

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La quarantaine discrète, Cédric ne s’est jamais senti aimé par sa mère, ni par sa grand-mère, ni par son épouse. Et l’être dont il est le plus proche, son grand-père, Jacques Le Garrec, notaire à Saint-Pierre-Quiberon, s’éteint à l’âge de quatre-vingt-trois ans.
Présent sur la presqu’île au moment du décès, Cédric y restera jusqu’aux funérailles, aux côtés de Clarisse, la jeune dame de compagnie de son grand-père.
Sept jours qui bouleverseront son existence.
La lecture du journal intime de sa grand-mère, devenue muette au lendemain d’un naufrage, ébranlera toutes ses certitudes, d’autant que Clarisse, elle aussi, se révélera bientôt sous un autre jour.
Ce roman tout en retenue, qui laisse au lecteur sa part d’imaginaire, nous emmène de Saint-Pierre à Belle-Île-en-Mer à travers trois générations.

Laurence Bertels est journaliste au service culturel du quotidien La Libre Belgique. Le silence de Belle-Île est son second roman, après La solitude du papillon paru en 2013 aux Éditions Luce Wilquin.
En librairie le 10 février 2017

Les premières lignes
Là, sur la grève, entre chien et loup, à l’aube de l’hiver. C’est là qu’il aimait se promener, s’arrêter, frissonner, repartir ensuite. Fouler ce chemin qui n’en était plus un, heurter un caillou, respirer l’air sapide, errer au gré du vent vivifiant de la Côte Sauvage. Puis, regarder la mer se fracasser sur les rochers, se retirer pour mieux revenir dominer cette lande de terre échancrée qui s’offrait à ses assauts.
Cette côte inhospitalière, cette succession de falaises déchiquetées, cette alternance de grottes, de crevasses et d’anses de sable avaient bercé son enfance. Comme le chant du pipit maritime. Tellement plus doux que la voix rauque de la mouette qui se posa là, à l’instant, quelques mètres plus bas. Il l’observa pour se détourner de sa peine. Il était fasciné par la grâce de ses mouvements. D’apparence dodue, elle s’affinait en allongeant le cou, plongeait le bec dans une flaque d’eau, recommençait l’opération à plusieurs reprises, imperturbable. Puis elle redressa la tête, gonfla le thorax, lui tourna le dos et traversa la crique en se dandinant. Avant de rebrousser chemin pour attraper une proie indéfinissable de là-haut, trop grande pour elle. Elle s’acharna, picora à nouveau, se lassa, s’approcha de l’eau, déploya ses ailes et, majestueuse, rasa les flots avant de prendre son envol et de l’abandonner. Il le regretta. Il aurait voulu l’admirer pendant des heures.
Il poursuivit sa promenade et prit le temps de s’imprégner de chaque parfum, nuage et souffle de vent.
Dès qu’il le pouvait, Cédric revenait en Bretagne, chez son grand-père, dans cette bâtisse qui surplombait la mer, à la croisée des plages. Lui, l’insomniaque, dormait alors comme un enfant dans cette chambre remplie de souvenirs, dans ce lit d’antan en chêne massif comme le reste du mobilier.

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Le hasard a un goût de cake au chocolat – Valérie Cohen

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Le hasard existe-t-il ? Les coïncidences peuvent-elles avoir un sens ?
Impossible, vous dirait Roxanne. La charmante jeune femme vit aux côtés d’un compagnon peu loquace, d’une mère angoissée et d’une inséparable sœur. Lorsqu’elle reconnaît, sur un marché aux puces, une photographie de son arrière grand-oncle, ses certitudes sont ébranlées. Cette improbable rencontre la bouleverse.
Persuadée que les signes du destin guident ses pas, sa tante Adèle mettra tout en œuvre pour en convaincre sa protégée. Entre simples coïncidences et clins d’œil de l’existence, le quotidien tranquille de la jeune femme vacille…

Un roman plein d’humour et de tendresse sur les synchronicités et les hasards qui n’en sont peut-être pas. Un récit qui fait du bien, au cœur et à l’âme.

Valérie Cohen est née en 1968 à Bruxelles. Elle dissèque les sentiments humains et signe des romans tendres et émouvants. Elle y aborde avec légèreté des sujets profonds, y explore nos ombres et y donne vie à des personnages attachants. Le hasard a un goût de cake au chocolat est son cinquième roman.
En librairie le 20 janvier 2017

Les premières lignes
« Tu es certaine que tu vas bien ? Chérie, regarde-moi. »
Certaines choses ne changeront donc jamais, soupire Adèle en ébauchant un sourire rassurant en direction de son époux. La couleur incertaine des yeux d’André, par exemple, lorsque l’inquiétude s’empare de lui. Ses prunelles vertes se voilent alors d’une nuance de gris, et elles lui font immanquablement penser à un océan avant la tempête. Adèle a toujours adoré l’océan, ses embruns et le bruit de ses colères. L’Atlantique, surtout. Peut-être, parce que c’est le seul dont elle a foulé les plages. Un peu de sable, recueilli dans une bouteille à sirop en verre, traîne depuis des années dans un tiroir de la cuisine. Elle ne sait qu’en faire et rechigne à le jeter. On ne se débarrasse pas si facilement d’un souvenir.
Consciente des regards trop appuyés du notaire et de son époux, Adèle repose le stylo avec délicatesse sur la table en verre. « Une ineptie, ce mobilier moderne », se dit-elle avec aigreur. La vue de ses pieds gonflés par la chaleur et sanglés dans des sandales ouvertes lui paraît éminemment intime, et elle replie, un peu plus encore, les jambes sous la chaise en cuir noir. Un décor minimaliste, savamment étudié pour ne pas laisser trop de place aux émotions. Une étude notariale, antichambre des événements marquants d’une existence, ne peut absorber qu’un quota limité de plaintes et de larmes.

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Bonne Année !

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Pour bien commencer l’année 2017…

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Félicitations à eux !

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