La vie est un voyage – Jacques Franck

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Ces Mémoires sont une somme inestimable, le récit d’une vie passée à écouter les autres et à transmettre leur parole, à découvrir des textes et des lieux, à nouer des amitiés fidèles.
Préface de Jacques De Decker
Regard de Stéphane Lambert
Témoignage de Francis Van de Woestyne

Enfin les Mémoires de Jacques Franck, la mémoire de la Libre Belgique (il y est entré en 1957), mais avant tout le témoin privilégié de trois quarts de siècle de culture, de diplomatie, de voyages, de rencontres, d’amitiés…

Jacques Franck, né en 1931 dans la bourgeoisie anversoise, fait d’abord sa scolarité en flamand avant de la prolonger en français aux facultés universitaires de Namur, puis à l’université de Louvain (il est diplômé en droit). Entré en 1957 au journal la Libre Belgique, il ne le quittera plus (il y donne toujours des chroniques). De la politique belge à la politique internationale, puis à la culture et aux livres, du secrétariat de rédaction à la direction de la rédaction avant de redevenir simple (mais très écouté !) chroniqueur à l’âge où les autres prennent leur retraite, il n’y a que le sport et la finance qu’il n’y ait pas traité…

En librairie le 13 mai

Les premières lignes
Repenser à mon enfance, c’est mesurer l’extraordinaire changement de la société que j’aurai traversé.
Bien que je sois né en 1931, j’ai encore connu le XIXe siècle : allumeurs de réverbères dans les rues du village comme dans un conte d’Andersen ; prairies tondues à la faux dont la large lame coupait ensemble l’herbe et les boutons d’or, comme celle de la Mort indistinctement les riches et les pauvres dans l’imagerie du Moyen Âge ; pains de glace fournis à domicile enveloppés de jute ou de papier ; corbillards tirés par des chevaux empanachés et moi, dans un fiacre, avec mes frères, derrière celui de notre tante Mélanie en juin 1944 ; deux vieilles demoiselles, nos voisines qui survivaient dans des salons qui n’avaient pas changé depuis Madame Bovary ; vicaires précédés d’un enfant de chœur en surplis et muni d’une lanterne qui allaient porter le Saint-Sacrement à des malades, et je fus un de ces enfants de chœur escortant Dieu chez des lupiques au visage atrocement dévoré par des plaques rouges cutanées, dans une maison située à Anvers… rue du Ciel.
Jusqu’à douze ans, j’ai vécu à Boechout, un village près d’Anvers qui ne comptait avant la guerre que six mille habitants, et de nature essentiellement rurale. Mon grand père y avait acquis une maison de campagne, où il se retira définitivement après la guerre de 1914-18. Mon père y vivait avec ses parents. Lorsqu’il se maria en 1930, Maman vint y habiter, et mes frères et moi y avons grandi jusqu’à notre installation à Anvers en 1943. Mes frères jumeaux Pierre et André sont venus me rejoindre en 1933, mon frère Robert en 1936. Cette maison et son grand jardin sont aujourd’hui pour moi le berceau de celui que je suis devenu. Un lieu dans lequel il m’arrive de me retrouver dans mes rêves. Bref, un lieu mythologique. Mon jardin d’Éden à moi. Le Paradis terrestre d’avant la connaissance du bien et du mal.

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