Le tiers sauvage – Aliénor Debrocq

Pour Clara Clossant, trente ans, née le jour de la catastrophe de Tchernobyl, la vie est trouée de toutes parts. Croyant fermement au pouvoir des histoires, elle est persuadée que si l’on tombe dans le bon trou, celui de la fiction, il se peut qu’on ait une seconde chance, qu’on puisse battre les cartes une nouvelle fois. C’est ce qui lui arrive lorsqu’elle croise la route de Marcus Klein, auteur à succès récemment débarqué de Paris à Bruxelles. Agacée par sa popularité, elle décide de mener son enquête pour en faire un roman. Mais les livres qu’on imagine sont rarement ceux que l’on écrit et, bientôt, l’intrigue se déforme sous ses yeux sans qu’elle puisse contrôler ce qui se glisse dans les inter­stices entre le réel et la fiction.

Née à Mons (Belgique) en 1983, docteure en Art et Histoire, Aliénor Debrocq vit à Bruxelles où elle est journaliste, professeure de littérature et maman de deux petites filles. L’écriture de fiction donne sens à sa vie dès l’adolescence. Depuis 2013, elle a bénéficié de plusieurs bourses et résidences, publié deux recueils de nouvelles aux Éditions Quadrature et reçu le Prix Franz De Wever 2017 de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique.
En librairie le 13 septembre 2018

Les premières lignes
C’est suite au succès de son troisième roman que Marcus Klein a quitté Paris pour Bruxelles, déposant ses valises au dernier étage d’une ancienne imprimerie forestoise située rue du Charme – une courte venelle pentue à sens unique menant au parc Duden, le long de laquelle, le dimanche, les enfants du quartier se laissent glisser à trottinette en piaillant, jusqu’au croisement avec une avenue fréquentée dont j’ai oublié le nom. Les deux autres étages du bâtiment sont occupés l’un par un bureau d’architectes, l’autre par une équipe de graphistes. Une écrasante majorité d’hommes blancs, la petite quarantaine dissimulée sous un jeans taille basse et un sweatshirt à capuche. Le standard d’aujourd’hui dans le monde des créatifs. Est-ce cela qui a séduit Marcus Klein le jour où il a pénétré dans la cour pavée de l’imprimerie en compagnie d’un agent immobilier dont le complet-veston anthracite détonnait au milieu des t-shirts bariolés des graphistes sortis prendre l’air, le temps d’une pause clope et café ? Est-ce réellement cette effervescence, ce bourdonnement, cette activité incessante régnant au milieu du calme souverain de cette impasse bucolique située à un jet de pierre de la gare du Midi, du parvis de Saint-Gilles et du centre-ville ?

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