Un léger désir de rouge – Hélène Lépine

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À vingt-huit ans, l’acrobate Toulouse combat un cancer. Son corps souple et délié l’a trahie, et son amoureux l’a lâchée pour en rattraper une autre au trapèze. Ablation, traitements, chimio… Elle tente alors de se retrouver sur la terre de ses ancêtres, dans la maison de son enfance sur l’île d’Orléans, auprès des siens si différents et si peu communicatifs. De renouer avec le désir, surtout. Plongée dans les carnets de l’ancêtre explorateur, elle en vient à écrire des lettres toutes en sensations à un jeune Africain imaginaire, qu’elle appelle Moumbala.
Un roman traversé par la grâce, où la beauté est partout, et la métaphore, reine
Une voix originale de la littérature québécoise
En librairie le 6 février

Les premières lignes
Moumbala, je ne te connais pas, tu es un nom qui m’est resté d’un rêve. Je t’imagine là-bas, au Sénégal. Tu as peut-être vu le jour sur la rive du fleuve Casamance ou sur celle du Siné-Saloum. Je me nomme Toulouse. Mon frère Delhi disait Toulouse-born-to-lose, sans savoir qu’à vingt-huit ans j’aurais perdu un sein, mes ailes de trapéziste, et Odilon mon amour.
Moumbala, je connais les chants nègres de ton pays. Petite, je les entendais le soir. Ils flottaient, vapeurs sonores, voyageuses, au-dessus du fleuve froid qui charrie ses eaux glacées ici même, devant la maison familiale. Ils s’élevaient et je m’approchais de la fenêtre pour mieux les écouter. Louvaine, ma presque sœur, me traitait de folle. Tu entends des voix, disait-elle en répétant les mots des aînés. Sûr, j’entendais des voix, celles des pêcheurs de la Casamance.

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