Laure Mi Hyun Croset – Les velléitaires

En une vingtaine de tranches de vie, l’auteur brosse un tableau saisissant d’une certaine jeunesse, d’un milieu social où il n’est pas rare de se nourrir d’ambitions et de rêves, puis d’en changer, sans jamais s’en être approché, par paresse, par peur ou par lâcheté. Le regard, de prime abord naïf, porté sur les personnages garde cette légère distance qui permet d’entrevoir la façon dont chacun est enfermé dans son propre système, sans espoir de véritable communi­cation. Les non-dits et les tensions perceptibles dans les gestes trahissent une réelle angoisse, sous des airs de contrôle de soi, de maîtrise ou même de satisfaction.

Dans un style classique impeccable, une nouvelle auteure extrêmement douée signe ici son entrée en littérature.

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Les premières lignes
Elle était vraiment jolie, et son profil était parfait. Elle avait des goûts sûrs et paraissait très cultivée. Son annonce, rédigée avec finesse et clarté, laissait deviner une grande intelligence. Il suffirait qu’elle soit un peu enjouée, et il serait conquis. La jeune femme répondit à son message avec la rapidité d’une joueuse de ping-pong et la précision d’une secrétaire senior. Il termina son chat dans un sentiment d’euphorie. Il l’inscrivit dans sa sélection et se promit de se connecter le lendemain à la même heure. On ne tombait pas tous les jours sur une telle perle!

4 réflexions au sujet de « Laure Mi Hyun Croset – Les velléitaires »

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  3. Oooh

    A déguster façon chocolat noir, un carré à la fois.

    Méfiez vous de l’idée de superficialité branchée qui se dégage de certains personnages, encore un de ces faux semblants… L’auteur va fouiller dans ce qui leur échappe, leurs attentes irrésolues, leurs indécisions, dans ce qu’ils ne disent ou ne font pas, dans ce qui n’est même pas formulé mais peut être bien fabulé… En tous cas le filon est riche. Des désillusions, des renoncements, éventuellement quelques lâchetés e tutti quanti, comme certains matériaux de nos (vraies ?) existences.

    Ça m’a fait penser au plaisir que j’avais eu de découvrir les films d’Eric Rohmer à son apogée, dans les années 80, sauf que maintenant je les aime moins, et que le cadrage est différent. Ce recueil apparaît aujourd’hui tout frais, direct, pas maniéré.

    22 textes écrits qu’on en dirait que les mots sont dessinés, et qui vous laissent tout drôle. D’ailleurs j’ai fini les miens, encore !

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  4. Roro

    Vingt petites histoires brèves (3-5 pages généralement), par une auteure au talent plus que prometteur. Ce recueil se lit si agréablement qu’on a peine à le poser. Petites lâchetés, compromissions, mauvaise foi sont les motifs communs de l’ensemble de ces nouvelles ; pourtant, il n’y a pas deux histoires qui se ressemblent. Chacune distille sa petite musique, c’est varié, la plume est à la fois aiguë et caressante… Alors laissez-vous tenter, c’est un vrai plaisir.

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