Vincent Magos – Au revoir, je t’aime

«Magos donne au débat valeur d’absolu. L’argument de départ: le sempiternel triangle dont le faîte est un homme et les angles mineurs deux femmes, l’épouse et la femme de l’ombre. Plutôt que de donner dans le vaudeville, l’auteur veut donner à cette situation valeur de déchirement ou de dilatation, de descente aux enfers. L’adultère est-elle une damnation ou une renaissance?» [Le Vif]

Jean aime Anne, sa femme. Et Odile… Des triangles on retient les fulgurances d’Éros, les rires convenus des vaudevilles, les cornes molles des cocus… Mais se souvient-on du crissement des jours qui se déchirent, des coups sourds contre les parois du labyrinthe intérieur, ou encore du délire qui soude deux peaux pour mieux les écorcher ensuite? À quoi être fidèle? Au chemin entamé ou à cet envol qui relance les dés? La pointe de la question est sans doute ailleurs, plus terrible, plus meurtrière.

Les premières lignes
Oui, je dois mettre fin à cette liaison… Jamais il n’avait prononcé ce mot ridicule. Odile n’est pas sa maîtresse, leur amour n’a rien d’une liaison. Sans doute dénomme-t-il ainsi leur attachement afin de lui accorder moins d’importance et d’y introduire déjà de l’éloignement ; pour être capable de faire le saut… Tout au long du trajet qui le rapproche de la jeune femme, Jean envisage calmement cette rupture. Il est détendu et roule de manière coulée. Justement, à la radio, un philosophe évoque le sentiment amoureux.

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