Jean Flament – Oostende blues

Un ciel de Flandre, un ciel de pluie, et des eaux grises qui courent le long de la jetée. Robert, Aimée, Archie, trois voyageurs venus de nulle part, des vagues au coeur, du vague à l’âme, avec leur besoin de vivre. Roman sombre, comme les bleus profonds de la musique noir, Oostende blues plonge dans un passé qui ne sera jamais tout à fait mort, des trésors de l’enfance aux blessures de l’âge adulte, voyage entre le coeur et la raison. Le ciel est indigo sur Ostende. Lacroix vient de régler ses comptes avec un compatriote peu patriote qui, pendant la guerre, vêtu de l’uniforme nazi… Roman noir, sans doute, mais surtout plongée dans un passé (?) récent, dans les déchirements des individus face à l’histoire qui les dépasse. Un très beau roman d’atmosphère avec de vrais personnages secondaires. Et une touche de jazz au détour de pages mélancoliques.

Les premières lignes
Le ciel était indigo sur Ostende. La houle s’était tue et la ville, apaisée, dormait. Plantées entre le jour et la nuit, les flèches dentelées de la collégiale déchiraient l’écharpe molle d’un nuage égaré.Le train entrait en gare et la mer, si proche, ondulait, à nouveau indolente, aux abords des rails luisants. Le long convoi avait traversé les plaines immobiles aux villages assoupis sous la lune.L’homme quitta la banquette de moleskine verte où il avait somnolé à plusieurs reprises pendant le trajet monotone. […]

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