Marianne Jeffmar – Rébecca, ta belle-mère

Marianne Jeffmar est née en 1935 à Sidensjö, un petit village du Nord de la Suède. Après des études universitaires en Suède, en Allemagne et en Angleterre, elle obtient son doctorat ès lettres en 1979. Elle a travaillé comme journaliste pour les deux principaux quotidiens suédois, le Svenska Dagbladet et le Dagens Nyheter. Elle fera un long séjour en Belgique dans les années quatre-vingts, et en Suisse de 1990 à 1994. Elle est l’auteur de quinze romans, dont neuf romans policiers.

La Suédoise Rébecca se meurt à Bruxelles. De là elle envoie des lettres à ses belles-filles en Suède. Elle raconte son existence, sa nostalgie et sa jalousie. Or, il est évident qu’elle confond vie réelle et vie rêvée. Sa belle-fille Thérèse est la première à réagir. Mais, à la longue elle ne peut se défendre contre le monde imaginaire de Rébecca, car il est le miroir de ses propres émotions. Construit en miroir, entre la narration et les lettres de Rébecca, ce roman instille peu à peu une sourde angoisse, avant de mener lentement le lecteur sur le chemin de la vérité, d’une certaine vérité…

Les premières lignes
Rébecca avait soixante-deux ans et était venue en Belgique pour mourir. Elle était assise sur son lit, à la clinique Édith Cavell de Bruxelles, et s’y préparait. Le vacarme de la circulation, qui perçait aisément le mince obstacle des vitres de la chambre, ne la dérangeait presque pas. Elle écrivait des lettres en Suède. Des lignes serrées d’une écriture ronde, un peu enfantine, sur des feuilles de papier blanc. Nous étions les seules patientes de la chambre 31, en ce mois de mars 1984. Tout d’abord, Rébecca n’a pas remarqué qu’elle avait de la compagnie. À vrai dire, elle ne voulait rien voir. Elle fermait les yeux, redressait sa perruque châtain foncé et croisait ses mains translucides sur ses feuilles de papier. Il lui fallait du temps.

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