Roger Foulon – L’étrange vie de saint Landelin

Roger Foulon est né en 1923 à Thuin-sur-Sambre (Hainaut belge). Auteur de nombreux recueils de poésie, d’essais, de pièces de théâtre, de contes, d’un oratorio, animateur de plusieurs revues littéraires, il a présidé pendant vingt ans l’Association des Écrivains belges de langue française. Mais c’est aussi un nouvelliste et un romancier, dont c’est ici le sixième ouvrage publié par les Éditions Luce Wilquin. Roger Foulon est un écrivain régionaliste au bon sens du terme, que l’on peut comparer à Jean Giono.

Saint Landelin évangélisa au VIIe siècle une région s’étendant de la Sambre à l’Artois et au Cambraisis (de part et d’autre de l’actuelle frontière franco-belge). Tout juste sait-on avec certitude que Landelin, né dans une noble famille franque au village de Vaux en Artois, s’est enfui du séminaire de Cambrai pour mettre la région à feu et à sang avec une bande organisée, avant de devenir un grand mystique et de fonder les abbayes d’Aulne, de Lobbes et de Wallers, ainsi que celle de Crespin… dans ce Nord de la France qui donna son nom à une bière!. C’est pourquoi, au fil du temps, la vraie vie de saint Landelin s’est enrichie d’éléments légendaires, qui ont fini par s’ériger en quasi-vérités.

Les premières lignes
Ce pays semble un vrai paradis d’avant la faute. Du feuillage couvre les pentes qui ondulent du ciel à la rivière. A l’occident, à l’orient, au pied des collines que jaunissent les boutons d’or, des maisons se pressent les unes contre les autres. Elles forment ainsi un bon voisinage qui les protège des rapines ou de la destruction. Car, malgré sa grande beauté, le pays n’est guère sûr. On y respire souvent la fumée des brasiers, l’odeur du sang et des corps étripés ; on y entend les hurlements des filles et des femmes violées. Pourtant, Dagobert, le roi franc, règne ici en maître. Il essaie de mettre de l’ordre dans le désordre. Il parcourt le pays à cheval. Il envoie ses preux frapper durement ceux qui n’en font qu’à leur tête, se croyant tout permis par la force.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *