Jeannine Paque – Jacqueline Harpman (Dieu, Freud et moi: les plaisirs de l’écriture)

Professeur, critique et conférencière, attachée à la littérature féminine, Jeannine Paque est sans conteste LA spécialiste de l’oeuvre de Jacqueline Harpman. Une oeuvre qu’elle a traitée dans de nombreux articles et études critiques parus en Belgique, en France et au Québec, mais aussi aux Etats-Unis, en Espagne et en Italie. On annonce la publication prochaine aux Editions de l’Université de Paris-Sorbonne d’un texte intitulé Les vies parallèles de Jacqueline Harpman.

Jacqueline Harpman, née en 1929 à Bruxelles, est psychanalyste et écrivain. Après avoir interrompu ses études de médecine, elle fait son entrée en littérature avec un recueil de nouvelles immédiatement accepté par Julliard. Son premier roman, qui suit dans la foulée, obtiendra le Prix Rossel, sorte de Goncourt belge. Dans les années soixante, elle se détourne de la littérature pour explorer une nouvelle voie, la psychanalyse. Mais en juin 1985, un éclair soudain la remet à l’écriture d’un récit. Ce sera le début de la deuxième partie de son œuvre, brillante, couronnée à la fois par les jurys littéraires et le grand public. Première monographie sur cette grande romancière

Les premières lignes
En cet après-midi de la fin du mois de juin, Jacqueline est assise à la grande table de la salle à manger, devant la machine à coudre. Elle assemble les morceaux d’une robe de vacances qu’elle vient de se tailler à vive allure. Même la cigarette à moitié fumée est éteinte: l’attention est ailleurs. Coudre, elle aime ça, notamment dans les périodes de dépression post partum, quand elle vient d’accoucher d’un nouveau livre. Ou, un jour comme aujourd’hui, alors que le soleil encore pâle se glisse avec trois chats par la baie entrouverte, annonçant l’espoir d’un été dans le midi. La psychanalyste a déjà fermé son bureau, là où elle reçoit ses patients. De toute façon, nous ne le visiterons pas, son entrée est réservée et il est au sous-sol, prêt à y éclairer les ténèbres qui se risqueraient à sa chaleur. Et l’écrivaine va faire sa valise. Elle emportera sa nouvelle robe et son ordinateur. Un roman l’attend.

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