Dévoration – André Sempoux

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Joueur d’échecs jouant contre lui-même, le héros de Dévoration cherche une forme de loyauté par rapport à un père figé dans un engagement de jeunesse jamais renié.
Nuit blanche accompagne, de Liège à Saint-Pétersbourg et de Saint-Pétersbourg à Liège, un slavisant associé bien malgré lui à un assassinat politique.
Ces deux récits infiltrent des zones d’ombre de l’Histoire. André Sempoux, s’éloignant de l’écriture de l’étrange qui a souvent été la sienne, y privilégie l’énigme et le suspense.
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Les premières lignes
Quand j’arrivais ici pour ma semaine rituelle, le roux fané de la bruyère éclaboussait les pentes violettes jusqu’aux prairies du bord de mer.
Deux mois plus tôt, avec plus de lumière et moins de nuances dans les couleurs, rien ne me paraît vraiment différent. Je revois les vignettes des leçons de choses qui, en me montrant le monde identique la nuit et le jour au fil des saisons, apaisaient mes inquiétudes d’enfant. Je vérifiais les moindres détails. Le pâtre était allé dormir, son travail fini, mais chaque arbre restait à sa place. On patinait sur la rivière où, dans l’autre image, le troupeau s’abreuvait ; le village et son clocher tressaient sur l’horizon le même griffonnage rassurant.

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