Dominique Costermans – Je ne sais pas dire non

Dominique Costermans est née à Bruxelles et vit à Louvain-la-Neuve. Elle est journaliste et consultante en communication. Elle a signé plusieurs ouvrages de vulgarisation sur la protection de l’environnement. Et elle intervient épisodiquement dans Le jeu des dictionnaires, une émission de grande écoute sur la radio belge. Pétillante, mordante comme ses nouvelles, elle nous livre ici un deuxième recueil, après Des provisions de bonheur, son coup d’essai qui fut un coup de maître !

Douze nouvelles, comme douze petits tableaux qui mettent en scène les décalages amoureux, les infimes fractures de la vie, l’enfance, la nostalgie parfois, mais surtout la joie, la gourmandise à vivre, la tendresse. On y croise la petite Jésus, Blum le morveux, Cat, et Martin, le marin de Gibraltar, un petit accessoire de comptoir, une Yiddische Mama, un père qui se prend pour James Bond, un boxer français nommé Lily… autant de personnages qu’on aimerait rencontrer dans la vraie vie.

Existe également au format numérique téléchargeable sur tous les types de liseuse

Les premières lignes
Le parfum des roses coupées emplissait la remise depuis plusieurs jours, mais ce matin, malgré la chaleur de juin qui déjà magnifiait tout, la rosée, l’herbe tondue, et les fleurs du sacrifice, ce matin, c’est le pain brûlé que la cuisine sentait. Maman dépose sur mon assiette deux tartines striées d’ocre et de brun. La mie grillée est appétissante, j’y étale prudemment le beurre jaune qui se liquéfie en un petit grésillement, mais les croûtes, les croûtes ô malheur, sont bel et bien noires. Noires, mais hélas pas charbonneuses, ce qui eût apitoyé maman. Non, elles sont noires, mates, et j’en pressens déjà le goût détesté du brûlé dans ma bouche. Comment faire pour fléchir ma mère, invoquer sa clémence, sa grâce, sa permission, s’il te plaît, pas les croûtes, je peux laisser les croûtes ?

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