Collectif – Quatuor pour une autre vie

Raoul Vaneigem, né en 1934, est surtout célèbre pour son «Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations». – Marcel Moreau, né en 1933, vit à Paris depuis 1968 et fut correcteur au Figaro jusqu’en 1989. Très nombreuses publications dont «Quintes» et «Morale des épicentres» (Denoël). – Claire Lejeune, né en 1929, publie depuis 1963 de la poésie et des essais poétiques, et des pièces de théâtre depuis 1997. – Jacques Sojcher est philosophe et directeur de collection chez Complexe. Professeur honoraire de l’Université de Bruxelles, il y dirige encore une revue.

Quatre écrivains ainsi se rencontrent pour composer ensemble, dans leur solitude et leur différence, une musique de la pensée qui soulèverait la pesanteur du monde; l’idolâtrie de la religion et celle de la pensée unique du profit. Quatuor de vivants pour la vie plurielle, contradictoire, complexe, éphémère, pour l’être avec sans manichéisme. Leur propos est simple, dans sa radicalité, dans sa rigueur : dépasser le nihilisme en ces nouveaux temps de la détresse, témoigner d’une foi – au-delà des désenchantements, des résignations, des compromissions – en l’homme et en la seule immanence. Oser dire la saveur de la vie et le désir de son partage.

Existe également au format numérique téléchargeable sur tous les types de liseuse

Les premières lignes
Il n’y a pour l’homme d’autre vie que sa vie corporelle et terrestre. Beaucoup en conviennent, quelques-uns en tirent agrément, peu y découvrent de quoi se construire une destinée exaltante. L’idée d’une existence gouvernée par le simple désir de vivre s’est trouvée si parfaitement vouée à l’ignorance et au discrédit que ce qui nous est le plus familier nous est le moins connu et le moins avouable. Nulle banalité n’atteint, à ce point, au paradoxe d’être si peu répandue. C’est pourquoi, ces propos que je n’ai cessé de redire en les précisant, je ne cesserai de les répéter jusqu’à ce que, supplantant les lieux communs dont se contentent ceux qui me reprochent de seriner les mêmes airs, ils imprègnent de leur substance non des têtes pétries d’idées reçues, mais des corps insatiables d’une vie à découvrir.

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