Bob Mendes – La force du feu

Auteur de nombreux thrillers qui furent tous des best-sellers dans leur édition originale, Bob Mendes, écrivain belge d’expression néerlandaise, est traduit dans plusieurs langues, notamment en anglais et en allemand. La force du feu est son premier roman paru en français.

Le 16 août 1953, le puissant Darius Razdi, conseiller du Shah, fuit Téhéran au moment où les rebelles veulent renverser le régime pro-occidental dans la ville en ébullition. Le même jour, après des péripéties incroyables, il fait un fils à sa troisième femme, qu’il vient d’épouser, et viole Sharon Stern, une jeune Juive étudiante en médecine qui, elle, fuit l’Irak hostile aux Juifs. Le petit Simon naîtra neuf mois plus tard. Mais qui en est le père ? Une fois le calme rétabli à Téhéran, Razdi réinvestit le domaine imprenable de Chinvat. L’heure est à la vengeance… Razdi veut retrouver Simon et élever ses deux fils ensemble. C’est alors que commence, en Israël comme en Europe (Paris, Vienne, etc.), une traque sans relâche qui durera vingt-cinq ans… Dans le contexte de l’effondrement de l’Iran du Shah, Mendes décrit avec maestria les luttes d’influence qui déchirent le Moyen-Orient, sur fond d’affrontement entre les grandes religions (islam, judaïsme, christianisme, zoroastrisme) et… de lutte pour le pouvoir à travers la maîtrise des pétrodollars. Un thriller passionnant écrit dans un style haletant.

Les premières lignes
Le Sikorsky Hoverfly MK1 émergea de derrière le cône du Demavend. L’hélicoptère maintint le cap sud-est en direction de Téhéran, perdant progressivement de l’altitude. À mesure qu’il s’éloignait du volcan, les vents s’apaisaient, le vol se faisait moins turbulent. Fariman, le pilote, se détendit. Les sommets qu’il survolait avaient été enneigés durant la nuit et brillaient au soleil du petit matin. Le contraste avec Téhéran était saisissant. Vue du ciel, la ville offrait un spectacle déprimant. La capitale persane s’étendait à quelques dizaines de kilomètres au pied de la chaîne de l’Elbourz. Elle se composait de pâtés de maison disposés comme les éléments d’une caserne et de quartiers résidentiels mornes et disgracieux aux ruelles humides et aux petites maisons de terre battue. Même les quartiers les plus aisés étaient dépourvus de charme. Plus on allait vers le sud, plus la ville était recouverte d’une fine pellicule de sable jaune, tout droit venu du désert immense qui commençait à ses confins. Petit déclic dans le casque de Fariman, suivi de la voix du lieutenant-colonel Hassan, l’aide de camp du général Zahedi, qui était son officier de liaison auprès du staff général des forces armées persanes. «Moulin à café, ici Persépolis. Me recevez-vous?»

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