André Sempoux – Torquato, l’ami d’un autre temps

Fondateur d’un Centre universitaire d’études italiennes, André Sempoux est poète, nouvelliste et romancier. Il a reçu en 1995 le prix Sander Pierron pour Petit Judas, maintenant repris dans Moi aussi je suis peintre (Labor, Espace Nord, n° 151).

Une vraie biographie de Torquato Tasso, mais présentée comme au second plan, dans un rapport neuf de roman et d’Histoire, et devenue thriller affectif, allègre, ironique.
Existe également au format numérique téléchargeable sur tous les types de liseuse

Les premières lignes
Dans quelques jours il me faudra déjà quitter Sorrente, dont les anciens avaient fait le séjour des sirènes et où mon programme a failli capoter. Je devais bien m’attendre à ce que la maison natale de mon poète n’existe plus, mais tant d’hôtels chics s’étagent maintenant sur la falaise! Plus d’une fois, pour former mes images, j’ai cherché de l’aide dans le cloître qui, lui, n’a pas changé. Une végétation presque tropicale éclabousse de couleurs vives et de parfums poivrés son silencieux ocre gris. Combien de temps un bébé voit-il en noir et blanc? La question m’obsédait, car les arbres fruitiers en étaient au plus fou de leur floraison et j’aurais voulu rendre par des yeux de tout petit un paysage qui, au seizième siècle, ne devait être fait, sous la flambée tendre des bouquets, que de mer et de ciel. Nous n’aurons pas eu de bébé, Sandra et moi. Le médecin qui m’a appelé peu de temps après notre mariage n’y est pas allé par quatre chemins : désolé, ce n’était pas un enfant que madame avait dans le ventre, mais une tumeur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *