Nadine Fabry – On ne vole pas les couchers de soleil

Nadine Fabry, qui vit à Liège, est à la fois peintre et écrivain. Elle se sert de ses deux passions pour exprimer au mieux sa soif de vivre, sa sensiblité extrême, sa vision du monde qui l’entoure… Elle savoure les petits riens du quotidien, mais l’humour et la poésie masquent parfois mal une certaine mélancolie, dont elle affirme qu’elle fait partie de notre vie à tous.

Deux jeunes femmes en vacances dans la campagne normande, avec leurs enfants qui jouent à inventer la vie… Sous la plume poétique de Nadine Fabry, cela donne une «ode au vent, aux regards, aux surprises du coin de la rue, aux reflets dans les flaques d’eau, à l’intruvable calme, à l’enfance qui ne nous quitte pas». De ce roman, plus revigorant qu’un bol d’air iodé, le lecteur ressort heureux et léger, enfin disposé à profiter de toutes ces petites gorgées d’existence qui donnent des ailes…

Les premières lignes
Bien ri la petite Jojo avec le clown vert. Toute chaude encore d’avoir applaudi la piste aux étoiles, des trapèzes au fond des yeux et de la barbe à papa partout. C’est la pagaille. Les quatre enfants sont excités, maintenant ils veulent voir la ménagerie. Allons-y pour la ménagerie. Musette attendra. Comme j’ai attendu l’autre jour sous la pluie. C’est bon l’attente quand on a envie de la savourer comme une réjouissance, comme un cadeau de Noël, comme un appétit de pain d’épices. La peau de l’éléphant est craquelée de millions de rides et les yeux minuscules m’appellent au secours ; je me demande s’il se souvient du Bengale, des parfums du curry et des fleurs de lotus.

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