Carlo Masoni – Le Silence des autres

«L’ensemble du recueil est baigné dans [une] ambiance sobre, amusée et proche des petits riens qui pleurent au détour d’un regard. On n’entend guère pareil langage littéraire ces temps derniers. Simple et tendre, on aime l’entendre, la chanson étrange des silencieux…» [Pascale Haubruge, Le Soir]

Les premières lignes
Thérèse aurait eu deux ans aujourd’hui. Je suis allé au cimetière, comme chaque semaine. Je n’y prie pas : quels mots oser sur la tombe d’un enfant ? Mais je dépose sur le granit une rose ou un oeillet. Vous comprenez, c’est comme un peu du sourire de Dieu qui luit ainsi sur son sommeil. Je l’avais attendue, cette enfant. Nous étions mariés depuis près de trois ans. Les médecins consultés nous avaient rassurés: ne soyez pas impatients… Nous l’étions. Je l’étais. Et Solange aussi. Du moins je le pensais.

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