Françoise Houdart – La Part du feu

«Dans une écriture poétique rappelant l’autre dimension de Françoise Houdart, l’histoire est celle d’un de ces secrets coupables et sulfureux qui couvent sous la cendre des villages et dont seule une conscience libre ose ranimer les braises. Faire la part du feu, c’est sauver l’essentiel, c’est échapper à l’encerclement et choisir entre haine, amour, rage, tendresse et violence.» [Marc Baronheid, L’Instant]

Les premières lignes
Les hommes ne se doutent pas…Pressentent-ils autre chose qu’un vague sentiment de filiation avec moi, Lavesnes, autre chose que le presque bien-être de se savoir de moi. À moi. Enfants de ma terre que ma voix n’atteint pas. Ne se doutent pas, ceux qui font et défont les lois de leur survie et qui estampillent chaque borne de leur longue servitude de passage : «a vécu», «a voté», «a accouché… donné… reçu… cassé… voté… vécu». Ceux qui se couchent dès que la terre a bu tout le soleil d’un jour et qui se disent trop fatigués pour suivre du regard l’ombre rapide d’une dernière aile sur les murs […].

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