Les sept meurtrières du visage – Luc Baba

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Secrétaire sans histoire et sans boulot, Basile vit entre le lierre en pot de sa cuisine et le bar de Grant. Il ne fréquente pas le monde. Son entourage se limite à Hélène, une amie célibataire, seule et sans passion comme lui, et pad, son grand-père qui l’a élevé.
Un jour, rendant visite à son médecin pour quelques vertiges qui l’inquiè­tent, Basile apprend qu’il souffre d’un mal incurable. Il est sur le point de perdre les sens, tous, et il ne lui reste qu’à se préparer. Commence alors une quête désordonnée. C’est qu’on ne se prépare pas à devenir un œuf comme on se prépare une omelette.
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Les premières lignes
À peine éveillé, j’ai regardé les dessins du givre aux fenêtres de la chambre, écouté les cris d’étudiants sur le trottoir, et les pies sur le toit. Ensuite j’ai respiré des savons et goûté mon café noir.
– Ça va, j’ai dit.
Alors, j’ai ri en grinçant des dents, je me suis assis sur la chaise de la cuisine et j’ai écrasé la mine rouge d’un crayon sur la table, j’aime bien le rouge, c’est ma couleur préférée quand j’ai froid.
J’avais prévu de chercher du boulot, de lire les annonces, mais puisque ça ne sert plus à rien, je reste assis dans la cuisine, et je regarde mon téléphone, et je répète des mots pour entendre ma voix :
– C’est pas possible. Il s’est trompé.
Pourtant, lorsque j’ai vu le médecin, il était formel, comme on dit. Sa tête était pleine de tics et de sueur. « C’est rare, Monsieur, mais cela existe. Je suis désolé. »
– Hélène ? Je dois te voir.
– Viens, tu sais que tu peux venir.
Elle n’aime pas le téléphone, et elle est seule, très farouche, bien repassée. Pas seule comme moi : elle a la télévision. Son appartement est situé sur une avenue morte où les arbres sont taillés comme des crayons noirs. Des cadavres d’arbres aux troncs cancéreux portant des moignons, des petites mains sèches, des doigts qui tremblent. Je n’aime pas le noir.

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